pour toi, enfin
Il y a des années que tu tiens.
Sans compter, sans calculer.
Tu as tout donné, tout le temps,
à ces visages que tu aimes,
à ces mains qui ne savaient pas tenir sans toi.
Ton dos porte encore les empreintes invisibles
de ceux qui se sont reposés sur toi.
Ton cœur, lui, est une terre crevassée,
asséchée par des saisons entières
passées à porter le monde des autres.
Tu as encaissé par amour.
Et cet amour, tu l’as cru inépuisable.
Mais l’amour, même pur, s’épuise
quand il ne trouve plus de racines en toi.
Je sais.
Tu es fatiguée.
Au bord.
Avec cette idée qui rôde, sombre et définitive,
comme une porte qu’on pourrait enfin refermer
sur tout ce vacarme.
Alors écoute ces mots qui passent.
Pas pour les autres.
Pas pour ce qu’ils attendent de toi.
Pour toi.
Pour ce souffle qui hésite encore à se rompre.
Le monde peut attendre.
Les autres peuvent attendre.
Ton corps, ton cœur, ton âme, eux,
Te disent :
Aujourd’hui, choisis-toi.
Pas demain.
Pas après que tout ira mieux autour de toi.
Maintenant.
Même si ça veut dire dire “non” pour la première fois.
Même si ça veut dire te retirer pour pleurer, dormir,
ou juste rester là, immobile, jusqu’à ce que la lumière revienne.
Tu n’es pas seule.
Et si tu n’arrives pas à te le dire,
laisse-moi te le dire encore et encore :
ta vie compte.
Ton souffle compte.
Ton cœur compte.
Toi, tu comptes.